Notre volonté est de réaliser des projets d’éco-construction sains (au-delà de la qualité de l’air intérieur), et nous travaillons sur une conception optimisée et un choix raisonné de matériaux.

Dans ce cadre, j’ai rencontré en mai 2009, Fabrice, un CMEI (=Conseiller Médical en Environnement Intérieur) travaillant au Service Environnement et Santé Publique d’une mairie.

Au cours de la discussion, je lui ai demandé son avis sur les plantes dépolluantes, c’était l’époque où tout le monde en parlait comme LA solution curative contre nos habitats peu sains. Il faut savoir que les CMEI ont une formation médicale et interviennent surtout en cas de pathologies comme les allergies. Ils ont une bonne connaissance des polluants et leur effet sur notre santé.

Fabrice était très réticent pour 2 raisons :

  • les « vertus » avancées de la plupart des plantes se fondent sur aucune étude,
  • certaines plantes considérées comme « dépolluantes » peuvent avoir des effets indésirables ! Par ex, certaines personnes allergiques au latex ont des réactions en présence de Ficus Benjamina !

Les plantes réduisent elles le CO2 dans les maison ?

L’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI) s’est penché sur la question en juin 2010 dans le cadre du programme d’études PHYTAIR, et a récemment publié ses résultats. Voici quelques éléments de réponse :

  • Les recherches sérieuses sur l’efficacité des plantes dépolluantes sont trop rares. Seules quelques-unes ont été étudiées (1)
  • Les plantes en pot ont une efficacité limitée car c’est l’ensemble substrat/racine/plante qui agit grâce aux micro-organismes du sol,
  • Le passage forcé de l’air pollué à travers le substrat des plantes (systèmes de biofiltration) serait plus efficace,
  • Certaines plantes présentes une certaine toxicité, potentiellement source d’allergies, comme les ficus, le cactus de Noël, le poinsettia…

Au final, les plantes dépolluantes peuvent être une arnaque, malheureusement ! La mention « dépolluante » continue de fleurir… et cache la visibilité de certaines plantes pertinentes et efficaces comme le chlorophytum qui élimine le formaldéhyde et le monoxyde de carbone.

Mais… on reste un peu sur notre faim ! Heureusement la phase 3 du programme PHYTAIR devrait aboutir à des recommandations simples et pratiques pour le grand public.

En attendant l’OQAI rappelle qu’on doit veiller à limiter les sources de polluants.Et c’est un point essentiel de notre approche de conception et réalisation des projets :

  • Assurer une aération et ventilation adéquate, permettant d’amener un air neuf
  • Choisir des produits de construction plus « naturels » que la moyenne (2).

Et vous, qu’en dites-vous ? Avez-vous des plantes « dépolluantes » chez vous ? Au bureau ? Vous avez senti des différences ?(1) Voici les plantes étudiées par le programme PHYTAIR : Dragonnier (Dracaena marginata), Phalangère ou plante araignée (Chlorophytum comosum), Pothos (Scindapsus aureus)(2) La mise en place en 2011 d’un étiquetage des produits de construction et de décoration basé sur les émissions de COV devrait faciliter le choix.

Avis sur les plantes intérieur et la dépollution

Nous sommes de plus en plus nombreux à nous soucier de notre santé dans l’habitat… et pour cause !

Nous passons en moyenne 80% de notre temps dans des espaces clos : logements, bureaux, transports… et la concentration de polluants y est en général 30 à 100 plus importante que dans l’air extérieur.

On comprend alors pourquoi les « plantes dépolluantes » ont littéralement fleuri un peu partout, la solution miracle !

Ficus benjamina considéré comme « plante dépolluante »

Nous nous interrogions dernièrement sur l’efficacité de ces plantes avec au final un avis assez mitigé.

L’ADEME a publié aujourd’hui un AVIS sur la capacité de ces plantes à épurer l’air intérieur.

L’ADEME relève les avantages et inconvénients de ces plantes :

  • capture des polluants par les plantes en laboratoire
  • intérêt pour la biosurveillance de l’air intérieur (indicateur potentiel de la qualité de l’air)
  • des qualités épuratrices chez les plantes à démontrer en milieu réel d’exposition
  • possibles impacts sanitaires (personnes sensibles)

L’ADEME conclut par :

Par  conséquent,  l’ADEME  considère  que  l’argument « plantes dépolluantes »  est  à  ce  jour  prématuré  et peut  être  trompeur  pour  le  public au  regard  des niveaux  de  pollution  généralement  rencontrés  dans  les habitations  et  des  connaissances  scientifiques  dans  le domaine.

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